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Le legs Kosma

Merci Joseph Kosma…

Je suis né le 22 octobre 1905 à Budapest… Vivre dans une époque bouleversée par des évènements dits historiques, ce n’est pas toujours confortable ; et je suis de cette génération qui fut projetée au milieu des plus tragiques bouleversements de l’histoire…

Joseph Kosma, Autobiographie

Qui est Joseph Kosma ?

Lauréat de l’Académie de Musique Franz Liszt de Budapest (composition et direction d’orchestre), Jozef Kozma est nommé chef-assistant à l’Opéra de Budapest. En 1928 il part pour Berlin où il fréquente Hanns Eisler, Bertold Brecht et Kurt Weill ; il y rencontre et épouse la pianiste Lilli Appel.

En 1933, fuyant le régime nazi (car d’origine juive), il arrive à Paris où il rencontre Jacques Prévert puis le cinéaste Jean Renoir. Pendant l’occupation, il est assigné à résidence dans les Alpes-Maritimes et après la guerre, naturalisé français, devient Joseph Kosma. De nouveau à Paris, il poursuit une carrière de compositeur qui le rendra célèbre ; il meurt le 8 août 1969 à La Roche-Guyon.

Auteur de très nombreuses compositions, il débute au cinéma en 1935 avec Marcel Carné pour qui il écrit la musique de « Jenny » ; c’est le début d’une longue collaboration avec, entre autres : « Les Visiteurs du soir », « Les Enfants du paradis », « Les Portes de la nuit » ou encore « Juliette ou la clé des songes » qui recevra le prix de la meilleure partition musicale au Festival de Cannes en 1951.

Pour Jean Renoir, il écrira la musique de 12 films parmi lesquels « Partie de campagne », « La Règle du jeu », « La Grande Illusion » et « Le Déjeuner sur l’herbe ». Il composera aussi pour Marc Allégret, André Cayatte, Christian-Jaque, Julien Duvivier, Luis Buñuel, Henri Verneuil, Jean-Pierre Mocky…

Sa rencontre et son amitié avec Jacques Prévert seront à l’origine des plus belles mélodies écrites sur les textes de ce grand poète, leur conférant une audience et une popularité internationale (« Les Feuilles mortes », « Barbara », « Les Enfants qui s’aiment », « Inventaire », « Page d’écriture »…).

Son talent pour mettre en musique la poésie française de cette époque lui permettra de composer aussi sur des textes de Queneau « Si tu t’imagines, fillette… » ou Sartre « La rue des Blancs-Manteaux » mais aussi Aragon, Desnos et tant d’autres.

Sa grande popularité, due aux succès de ses mélodies et musiques de film, occultera un peu et à son grand regret sa production de musique symphonique, en particulier pour les ballets comme « Le Rendez-vous » créé à Paris en 1945, chorégraphie de Roland Petit, ou « L’Écuyère » chorégraphié par Serge Lifar pour Yvette Chauviré (1948) ; il compose aussi pour l’opéra « Les Canuts » créé en 1959 et « Les Hussards » créé à Lyon en 1969, juste après sa mort.

…Il écrit dans un style inimitable des chansons de grande qualité et toutes ses œuvres portent la marque d’un authentique créateur au langage très personnel. La musique de Joseph Kosma est ouverte sur la vie, enthousiaste et en même temps secrète, avec une fêlure profonde, une nostalgie du paradis peut-être ?

Gérard Pellier, archiviste de l’Association des Amis de Joseph Kosma

Le legs au Conservatoire de Nice

Même s’il passe toute la fin de sa vie avec une nouvelle compagne, Marie Merlin, Joseph Kosma ne divorcera jamais de sa première épouse Lilli ; c’est donc elle qui résidant à Nice, lèguera les droits d’auteurs de son mari au Conservatoire de Nice.

Cet héritage permet de financer chaque année, notamment, une saison de concerts gratuits dans l’auditorium Joseph Kosma, des bourses d’études, des master-classes, des échanges internationaux et de nombreuses acquisitions d’instruments.

La bibliothèque du Conservatoire conserve une partie des archives et manuscrits de Joseph Kosma ; le piano à queue de Joseph Kosma, exposé dans le hall du Conservatoire, a été généreusement offert par Madame et Monsieur Gérard Pellier et une rue de Nice porte le nom du célèbre compositeur.

Un concert autour de l’œuvre de Joseph Kosma est programmé chaque saison, afin de mettre en valeur la richesse comme la diversité de sa production musicale et de dévoiler certaines pages inédites.